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La grande histoire de Chimay et de sa famille princière

Histoire des princes de Chimay

Nous ne connaissons pas le nom des premiers avoués du chapitre et nous ne pouvons songer à les découvrir parmi les seigneurs que citent nos annalistes. Nous ne nous attarderons pas à l’hypothétique Guerre de Chimay dont fait mention la chanson Raoul de Cambrai, et nous ne parlerons pas davantage de Brunulphe, d’Odran ou de Witger que Vinchent, Ruteau ou Tellier voudraient voir parmi nos premiers maîtres.

Les seigneurs dont le nom nous est parvenu remontent au commencement du Xième siècle. Nous les citerons en rappelant brièvement les actes qui parlent d’eux. Allard I de Chimay apparaît comme témoin en 1029 dans une charte où l’évêque de Liège, Réginald, détermine les droits de l’abbaye de Florennes sur les masuriers du village.

Il est cité pareillement en 1031 dans un diplôme du même Réginald rapporté par Fisen. Wauthier est connu par une charte de Bauduin I en 1065 et par une autre de Téodrin en 1067. Peut-être ce seigneur doit-il être identifié avec le Wautier de Chimay cité en 1701 dans le Cantorium de St-Hubert. Macaire aurait abandonné en 1088 à l’abbaye de Stavelot des biens situés dans le grand-duché de Luxembourg. D’après les éditeurs du chartrier, MM. Roland et Halkin, le document rapportant ce fait est sujet à suspicion. Alard II est témoin dans une charte d’Odon de Cambrai en 1111 et dans un acte de Raoul de Reims de 1114 ou 1115.

Du temps d’Otbert (1092-1117), évêque de Liège, il donna, de concert avec Basilide, son épouse, l’alleu de Ste Geneviève à l’abbaye de St Nicaise de Reims. Il fonda aussi au lieudit Froidmont (actuellement Chienneterie) le premier hôpital de Chimay. Alard assista en 1119 au concile de Reims célébré sous la présidence de Calixte II. Le cartulaire de l’abbaye de St Benoît-sur-Loire nous apprend que sa mère avait nom Havilde. L’acte de 1114 déjà cité nous dit qu’il était le frère de Béatrix de Laon. Alard III dit Pollière, fils du précédent et de Basilide fut institué avoué de Verofles en 1134. Il transforma, du temps de Bauduin IV, comte de Hainaut (1125-1171), sa seigneurie de Chimay en fief. Cette terre fut dès lors le siège d’une pairie. Alard Pollière avait épousé Ida de Marles, petite-fille du comte Bauduin II. Il mourut avant sa femme qui épousa en secondes noces Bernard de Orbaix. Gilles, fils d’Alard Pollière et d’Ida de Marles, épousa Alix de Rosoy. Il eut en 1162 certains démêlés avec l’abbaye de Floreffe au sujet de terres sises du côté de Valenciennes. Nous le rencontrons comme témoin en 1166.

Peu après, il s’en fut à Jérusalem où il resta peu de temps. Quand il en revint, son beau-frère Renaud de Rosoy s’était emparé du domaine de sa femme ; il obtint du pape Alexander III une lettre invitant l’archevêque de Reims et l’évêque de Laon à forcer Renaud de lui restituer son bien. Il est témoin en 1174 dans une charte du comte de Hainaut. Il obtint en 1181 de l’abbaye de Maroilles l’avouerie du bois de St Hubert situé près de Momignies. Enfin, en 1186, le comte de Hainaut lui donna le territoire de Baileux qu’il avait acheté à plusieurs nobles. Gilles le reçut en augmentation de son fief et releva de même le village de Momignies qu’il venait de fonder. Ce fut ce même Gilles qui détermina la création du village de Bourlers en donnant avant 1169 des terres situées à cet endroit à l’abbaye de St Michel en Thiérache. Alard IV. Fils de Gilles et d’Alix de Rosoy est cité par Gislebert en 1188.

En 1189 il donne son consentement à une donation faite par le prévôt de Chimay. Alard et son frère Jean à l’abbaye de Clairefontaine. Il est cité comme témoin dans des chartes de 1190, 1195, 1196, 1200, 1204 et 1205. En 1189, il eut des démêlés avec l’abbaye de St Michel au sujet des terres de Bourlers ; ils se terminèrent par un accord conclu à Couvin en 1202 et par lequel le seigneur remettait l’abbaye en possession de la donation de Gilles, son père. En 1210, il consent à la donation d’une partie de la dîme de Beaurieu faite à l’abbaye de Floreffe par Bauduin, fils du châtelain de Beaumont.

En 1214, il approuve un accord effectué entre Gobert, vidame du Laonnais et l’évêque de Laon, Robert. En mai 1218, de concert avec Mathilde, vidamesse du Laonnais, sa femme, il conclut certains accords avec Anselme, évêque de Laon. Il mourut peu après laissant trois enfants : Roger, Alard et Jean. Le premier lui succéda à Chimay, le second cité dès 1214 dans des actes où il sert de témoin devint seigneur de Haibes et mourut entre 1259 et 1275. Il fut enterré dans l’église de Molhain où sa pierre tombale se voit encore. Le troisième, Jean, s’engagea dans l’état ecclésiastique.

En 1188, il est déjà cité comme chanoine de l’église St Paul. En 1231, il faisait partie du chapitre de St Martin. Roger. Cité dès décembre 1214, il devint seigneur de Chimay à la mort de son père. Il délimite en 1218 ses droits et ceux de l’évêque de Liège sur la châtellenie de Couvin. En mars 1219, il confirme une donation de trente bonniers de terres sises à Haulchin et faite à l’abbaye d’Epinlieu. En 1222, il assigne à l’abbaye de Floreffe, pour son anniversaire, vingt sous blancs à prendre sur les revenus de Nismes. En 1224, il conclut un accord avec le monastère de St Michel au sujet de Bourlers et se fait reconnaître comme avoué des religieux. Il donne la même année une forge et des droits de pâturage à l’abbaye de Faignoy. Roger de Chimay avait épousé Agnès du Tour. Il en eut trois enfants : Guy, Bauduin et Marie. Ses deux fils moururent sans postérité. Sa fille épousa vers 1222 Jean de Soissons. En suite de ce mariage, la seigneurie de Chimay changea de maîtres.

 

Source: Louis Dardenne